Godard sur la croisette

Bardot dans le Mépris de Godard

Je ne connais de Jean-Luc Godard que Pierrot le Fou, A Bout de Souffle et le Mépris. Des deux premiers, je garde essentiellement le souvenir de successions de courts plans puis d’enchaînement d’interminables plans séquences, de dialogues monocordes d’une banalité parfois consternante, ponctués de blancs.

Le tout d’un ennui assez mortel. Le jeu des acteurs, propre aux films de la nouvelle vague (que j’apprécie chez d’autres cinéastes pourtant dont Chabrol et Rohmer) est trop éloigné de la réalité. Une manière hybride de jouer mais aussi de parler, parfois extrêmement agaçante pour rester polie.

Je sais, certains bondiront à ces allégations car ce voyage visuel et sonore qu’est Pierrot le Fou et ce film emblématique de la nouvelle vague qu’est A Bout de Souffle sont considérés comme deux des œuvres majeures du cinéma français.
Mais les phrases du type « Quelle est votre plus grande ambition dans la vie ? » « Devenir immortel… et puis… mourir » me laisse un peu de marbre.

Le Mépris en revanche, j’ai adoré. Même époque, même réalisateur mais un film remarquable. Pas une seconde d’ennui et autant de plaisir qu’à la lecture du roman de Moravia dont il est issu. Une oeuvre d’une originalité absolue, magistrale sur le plan esthétique. Les couleurs y sont magnifiques, les cadrages millimétrés, et les plans tournés à Capri (avec de lents travellings sur la mer) ont une résonance éternelle.
Outre un Piccoli touchant et une Bardot somptueusement belle, la présence charismatique de Fritz Lang jouant son propre rôle est la cerise sur le gâteau. Un film que je recommande chaudement.

Bref, tout cela pour vous dire quoi?

> Que près de 50 ans après les films que je viens d’évoquer Godard est toujours là.

> Que, malgré ses relations compliquées avec le festival, Godard sera à Cannes cette année pour son Film Socialisme présenté dans la catégorie « Un certain regard ».

> Que son nouvel OVNI, collage de mots, de sons, et d’images est déjà en ligne mais que, comble de l’originalité ou du mauvais goût (allez savoir), il est sur la toile en accéléré. Le long métrage sera quant à lui projeté le 18 mai à Cannes, la veille de la sortie en salles. 
Voir la version accélérée proposée par You Tube

 


> Que Film Socialisme sera également disponible en VOD moyennant 7 euros les 17 et 18 mai prochains. Les internautes pourront donc découvrir le film en même temps que les festivaliers cannois, avant la sortie prévue donc le 19 mai.

Indication photos :

Photo 1 : Brigitte Bardot dans le Mépris
Photo 2 : Jean-Paul Belmondo et Jean Seberg dans A Bout de Souffle
Photo 3 : Michel Piccoli et Brigitte Bardot dans le Mépris
Photo 4 : Une affiche de Film Socialisme
Crédits Photos : DR

En savoir plus…

Le Mépris : photos, anecdotes, tournage
– Voir le site officiel Film Socialisme

 


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A propos de l'auteur

Luzycalor - traduire lumière et chaleur - est le blog d'une petite curieuse adepte de cinéma, musique, littérature et culture urbaine en tout genre. Vaste champ d'investigation isn't it? Parce que si culture s'étale comme confiture, les deux ont en commun un petit goût sucré dont on devient très vite addict. Bienvenue dans mon univers, ce monde vu de ma fenêtre!

4 commentaires
  • vert cerise - mai 9, 2010

    Bon, moi aussi, j’ai jamais accroché à Pierrot le fou. Je l’ai acheté en DVD un jour, mais j’ai jamais réussi à aller au bout …

  • luzycalor - mai 9, 2010

    Moi non plus, je ne suis jamais allée au bout. J’ai trouvé ce film d’un tel ennui que je me suis endormie devant, c’est dire!! Mais je n’ai pas abandonné pour autant puisque j’ai essayé de le voir une seconde fois…

  • Laurent de M - novembre 28, 2010

    Tout à fait d’accord concernant « Le mépris ». Plusieurs décennies après, la magie fonctionne toujours.

  • luzycalor - novembre 28, 2010

    Et si tu as aimé le film, je te conseille vivement le livre qui est un pur chef d’œuvre!

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