Le Pont Mirabeau – Guillaume Apollinaire

pont-mirabeau

Souffrance personnelle, image de l’eau qui coule, de l’amour qui s’en va, de la vie qui s’écoule. Ce poème d’Apollinaire, je l’ai appris à l’école. Sensible à ces quelques vers je ne peux m’empêcher en franchissant le pont, chaque fois, de les rappeler à mon souvenir. Aujourd’hui me semble un jour idéal pour les écrire, un jour particulier où une personne avec qui je partage des moments privilégiés dans un AQUArium me dédie une aquarelle. Ce pont sur lequel Apollinaire regardait partir ses amours défuntes me rappellera aussi désormais la délicatesse de cette attention.

Sous  le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu’il m’en souvienne
La joie venait toujours après la peine
Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’ en vont je demeure

Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l’onde si lasse
Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

L’amour s’en va comme cette eau courante
L’amour s’en va
Comme la vie est lente
Et comme l’Espérance est violente
Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

Guillaume Apollinaire – Alcools
Aquarelle : Mona Fontina – 22 juin 2012

 

Vous aimerez aussi :

Partager sur
A propos de l'auteur

Luzycalor - traduire lumière et chaleur - est le blog d'une petite curieuse adepte de cinéma, musique, littérature et culture urbaine en tout genre. Vaste champ d'investigation isn't it? Parce que si culture s'étale comme confiture, les deux ont en commun un petit goût sucré dont on devient très vite addict. Bienvenue dans mon univers, ce monde vu de ma fenêtre!

15 commentaires
  • Carmadou - juin 22, 2012

    Merci de nous rappeler ce beau poème, appris aussi à l’école. Pour nous Apollinaire et Prévert furent les deux « vedettes » de nos jeunes années, avec La fontaine évidemment …

    Nous y passons finalement très rarement sur le pont Mirabeau. Nous sommes allés jeter un coup d’oeil rapide sur son histoire, nous avons découvert que c’est surement de ce pont qu’un autre poète Paul Celan s’est jeté dans la Seine en 1970!

    • luzycalor - juin 22, 2012

      Oui effectivement Apollinaire et Prévert tenaient une place à part, Verlaine également. Rimbaud par contre, je l’ai découvert toute seule car peu étudié.

      • Carmadou - juin 22, 2012

        Il y a de cela trois quatre ans nous avons voulu voir l’état de notre mémoire et apprendre par cœur un poème comme à l’école. Nous avions choisi « voyelles » de Rimbaud parce que justement nous ne l’avions jamais étudié en classe…
        C’est d’ailleurs un excellent exercice !

        • luzycalor - juin 22, 2012

          Oui j’ai eu à pratiquer en prépa. Je devais apprendre des morceaux des poèmes de Nicolas Boileau, des bouts de fable de la Fontaine et même des morceaux de Descartes ou Kant je ne me souviens plus (c’était pas si évident). Depuis j’ai abandonné l’exercice :) Sinon Paul Celan je ne connaissais pas mais je vais approfondir. J’ai trouvé ceci et c’est fort:

          (…)
          Lait noir de l’aube nous te buvons la nuit
          nous te buvons à midi la mort est un maître d’Allemagne
          nous te buvons le soir et le matin nous buvons et buvons
          la mort est un maître d’Allemagne son œil est bleu
          il te touche d’une balle de plomb il te frappe juste
          un homme habite dans la maison tes cheveux d’or Marguerite
          il lance ses grands chiens sur nous il nous offre une tombe dans l´air
          il joue avec les serpents et rêve la mort est un maître d’Allemagne

          tes cheveux d’or Marguerite
          tes cheveux de cendre Sulamith

          La Fugue de la mort fait partie du recueil Pavot et mémoire publié en 1952.

  • Mona - juin 22, 2012

    Merci Luzycalor ..ce poème me trotte dans la tête depuis que j’ai peint cette aquarelle : outre la version chantée de Léo Ferré j’aime beaucoup celle-ci, pleine d’émotion et d’emphase, elle nous vient d’un autre temps car dite par l’auteur lui-même…une pépite que je te livre ce soir mais que tu connaissais peut-être…
    http://www.wiu.edu/Apollinaire/Apollinaire_recite_le_pont_Mirabeau.wav

    • luzycalor - juin 23, 2012

      Je ne connais pas la version chantée de Ferré (je vais aller écouter). J’ai entendu celle de Reggiani que j’ai appréciée. Quant à celle de l’auteur, même si je t’avoue ne pas aimer sa diction, c’est excellent de l’entendre. Merci. Et oui c’était une soirée très agréable mais sans foot, y’a pas de risque :)

  • Mona - juin 22, 2012

    …et bonne soirée sans foot pour moi 😉

  • sophie - juin 23, 2012

    Superbe aquarelle. Bravo à l’artiste!

  • Océane - juin 23, 2012

    Très jolies, les aquarelles en question, tu pourras féliciter l’auteur ! Pour le reste, j’aimais bien apprendre les poèmes à l’école, et même après, c’est agréable de pouvoir se pencher parfois sur une de ces phrases parfaites qui consolent mieux que certains amis.

    • luzycalor - juin 24, 2012

      Phrases parfaites, universelles qui peuvent effectivement consoler mieux que quiconque.

  • Violette - juin 25, 2012

    Superbes aquarelles; merci de rappeler ce si beau poème à mon souvenir.

  • HAGHIGHI - mai 20, 2015

    Bonjour,
    Serait-il possible d’avoir le nom de la personne qui a réalisé les aquarelles ?
    Merci par avance.
    Marie-Laure HAGHIGHI

  • HAGHIGHI - mai 20, 2015

    Pardon, je viens de voir que nom apparaît un peu plus haut…

  • Mona - mai 29, 2015

    Oui, mon nom apparaît bien à la suite du poème. Merci à vous.

Laisser un commentaire

Découverte musicale

Fil d’infos

Archives