Souffrance personnelle, image de l’eau qui coule, de l’amour qui s’en va, de la vie qui s’écoule. Ce poème d’Apollinaire, je l’ai appris à l’école. Sensible à ces quelques vers je ne peux m’empêcher en franchissant le pont, chaque fois, de les rappeler à mon souvenir. Aujourd’hui me semble un jour idéal pour les écrire, un jour particulier où une personne avec qui je partage des moments privilégiés dans un AQUArium me dédie une aquarelle. Ce pont sur lequel Apollinaire regardait partir ses amours défuntes me rappellera aussi désormais la délicatesse de cette attention.
Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu’il m’en souvienne
La joie venait toujours après la peine
Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’ en vont je demeureLes mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l’onde si lasse
Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure
L’amour s’en va comme cette eau courante
L’amour s’en va
Comme la vie est lente
Et comme l’Espérance est violente
Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeurePassent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeureGuillaume Apollinaire – Alcools
Aquarelle : Mona Fontina – 22 juin 2012












Merci de nous rappeler ce beau poème, appris aussi à l’école. Pour nous Apollinaire et Prévert furent les deux « vedettes » de nos jeunes années, avec La fontaine évidemment …
Nous y passons finalement très rarement sur le pont Mirabeau. Nous sommes allés jeter un coup d’oeil rapide sur son histoire, nous avons découvert que c’est surement de ce pont qu’un autre poète Paul Celan s’est jeté dans la Seine en 1970!
Oui effectivement Apollinaire et Prévert tenaient une place à part, Verlaine également. Rimbaud par contre, je l’ai découvert toute seule car peu étudié.
Il y a de cela trois quatre ans nous avons voulu voir l’état de notre mémoire et apprendre par cœur un poème comme à l’école. Nous avions choisi « voyelles » de Rimbaud parce que justement nous ne l’avions jamais étudié en classe…
C’est d’ailleurs un excellent exercice !
Oui j’ai eu à pratiquer en prépa. Je devais apprendre des morceaux des poèmes de Nicolas Boileau, des bouts de fable de la Fontaine et même des morceaux de Descartes ou Kant je ne me souviens plus (c’était pas si évident). Depuis j’ai abandonné l’exercice
Sinon Paul Celan je ne connaissais pas mais je vais approfondir. J’ai trouvé ceci et c’est fort:
(…)
Lait noir de l’aube nous te buvons la nuit
nous te buvons à midi la mort est un maître d’Allemagne
nous te buvons le soir et le matin nous buvons et buvons
la mort est un maître d’Allemagne son œil est bleu
il te touche d’une balle de plomb il te frappe juste
un homme habite dans la maison tes cheveux d’or Marguerite
il lance ses grands chiens sur nous il nous offre une tombe dans l´air
il joue avec les serpents et rêve la mort est un maître d’Allemagne
tes cheveux d’or Marguerite
tes cheveux de cendre Sulamith
La Fugue de la mort fait partie du recueil Pavot et mémoire publié en 1952.
Merci Luzycalor ..ce poème me trotte dans la tête depuis que j’ai peint cette aquarelle : outre la version chantée de Léo Ferré j’aime beaucoup celle-ci, pleine d’émotion et d’emphase, elle nous vient d’un autre temps car dite par l’auteur lui-même…une pépite que je te livre ce soir mais que tu connaissais peut-être…
http://www.wiu.edu/Apollinaire/Apollinaire_recite_le_pont_Mirabeau.wav
Je ne connais pas la version chantée de Ferré (je vais aller écouter). J’ai entendu celle de Reggiani que j’ai appréciée. Quant à celle de l’auteur, même si je t’avoue ne pas aimer sa diction, c’est excellent de l’entendre. Merci. Et oui c’était une soirée très agréable mais sans foot, y’a pas de risque
…et bonne soirée sans foot pour moi
Superbe aquarelle. Bravo à l’artiste!
merci Sophie
voici la version de Léo Ferré …celle qui me trotte dans la tête et que j’aime beaucoup
http://youtu.be/5WFwtoXm1sc
Très jolies, les aquarelles en question, tu pourras féliciter l’auteur ! Pour le reste, j’aimais bien apprendre les poèmes à l’école, et même après, c’est agréable de pouvoir se pencher parfois sur une de ces phrases parfaites qui consolent mieux que certains amis.
Phrases parfaites, universelles qui peuvent effectivement consoler mieux que quiconque.
Superbes aquarelles; merci de rappeler ce si beau poème à mon souvenir.