Paris à travers l’art…

Visa pour l'art

…Paris intime, Paris autrement. Aux détours de ses ruelles, au fond de ses impasses, derrière ses grands boulevards, Paris abrite des ateliers d’artisans d’art. Autant de lieux secrets qui ont transformé la ville et que les Parisiens et les visiteurs de passage frôlent sans le savoir. Elles s’appellent Camille (2), Justine, Laura. Etudiantes à Sciences Po Lille, fraîchement débarquées dans la capitale, c’est ce Paris qu’elles ont à coeur de faire découvrir dans le cadre de leur projet culturel à la fois humain, créatif et innovant. Pour cela, leur association « Visa pour l’art » a créé un passeport inédit : le passeport des artisans. Rencontre avec 4 jeunes-femmes passionnées et déterminées.

Parlez-nous de l’origine de ce projet? En quoi consiste-t-il?

Nous sommes quatre jeunes femmes originaires des quatre coins de la France. En arrivant à Paris, nous avons cherché à découvrir la ville en nous éloignant des grandes avenues et des circuits touristiques tout tracé. C’est à ce moment-là que nous avons peu à peu découvert des ateliers d’artisans d’art qui ont modelé la ville, mais qui restent pourtant inconnus des passants. Il y a près d’un an, Justine, l’une des co-fondatrices du projet, a passé quelques mois à San Francisco où elle travaillait pour la « Arts Commission Gallery« , la galerie d’art municipale. Là-bas, cette galerie organise tous les ans un événement qui propose aux artistes de la ville de s’installer dans les commerces locaux le temps d’un week-end. L’objectif est que les habitants et les visiteurs de passage aillent à leur rencontre et reçoivent sur un beau passeport, un tampon spécialement créé par les artistes. A la fin de leur séjour, les visiteurs repartent avec une petite œuvre d’art collector en poche ! A son retour en France, on s’est dit qu’on pourrait importer ce projet en l’adaptant à Paris et en ciblant les ateliers d’artisans d’art. Ce passeport, produit en édition limitée et créé chaque année par un artiste, permet de découvrir Paris autrement, d’accéder aux ateliers d’artisanat d’art tout en passant un moment unique avec les artisans.

Comment choisissez-vous les artisans adhérents et quel fut l’accueil de leur part?

Nous avons choisi nos artisans de telle sorte à ce qu’ils représentent la diversité artisanale parisienne. Nous voulions que les détenteurs du passeport puissent découvrir un maximum de matériaux, de techniques, de lieux. C’est pour cela que nous comptons des artisans passionnés, désireux de partager leur savoir. Ces sont des hommes et des femmes, des jeunes et des moins jeunes, qui travaillent le bois, le verre, le cuir, restaurent des instruments anciens, créent des bijoux, répondent à des commandes de grands créateurs. Il y en a pour tous les goûts ! De plus, Visa pour l’art est un moyen ludique de découverte et de promotion des artisans d’art et… de leurs créations ! Nos artisans partenaires gagnent en visibilité auprès de nos relais et des détenteurs du passeport, avec la possibilité à la fin de chaque visite de conclure une vente, une commande ou de mettre en lumière leur savoir-faire auprès d’un public toujours plus curieux.

De plus, le dispositif est complètement gratuit pour les artisans (pas de cotisations, ni de pourcentages de vente à reverser à Visa pour l’art).

On croit tout connaître de Paris, la ville la plus visitée au monde pourtant la capitale recèle un tas de trésors cachés, des ruelles atypiques, des ateliers d’artistes insoupçonnés… Pouvez-vous nous en dire plus sur les contours du parcours de votre projet? Quels arrondissements concerne-t-il? Comment s’organise-t-il?

La plupart de nos artisans d’art partenaires sont installés dans les 10e arrondissements de Paris, le faubourg Saint-Antoine étant le lieu d’installation privilégié des artisans au 17e. Le reste de nos artisans est réparti dans tout Paris, mais également à Montreuil et Pantin qui sont des quartiers de plus en plus ouverts aux artisans. Une fois sélectionné, chaque artisan a sa fiche dans notre passeport. Celle-ci récapitule l’histoire de son atelier, son métier, ses informations pratiques, etc. Grâce à ce passeport, le visiteur est accueilli de manière privilégié par l’artisan qui lui fait découvrir son savoir-faire, ses techniques de fabrication et ses créations. A la fin de la visite, l’artisan tamponne le passeport à l’aide d’un tampon unique, spécialement créé pour Visa pour l’art. Au fil des visites, ce passeport se remplira de souvenirs, de visas et de rencontres. Chacun aura ainsi sa propre œuvre d’art, produite en édition limitée! Le passeport peut être utilisé autant de fois qu’on le souhaite pendant toute la durée de l’édition (avril 2014 à mars 2015 pour l’édition 2014-2015). Mais au-delà de la rencontre avec un métier d’art, c’est toute une expérience de découverte de Paris que nous proposons. C’est pourquoi nous avons élaboré, à l’intérieur du passeport, des parcours thématiques à travers la ville pour guider le visiteur dans son voyage.

Le lancement officiel du passeport a eu lieu le 5 avril 2014 lors des Journées Européennes des Métiers d’Art.

Avez-vous pu obtenir des subventions de collectivités territoriales, organismes consulaires ou est-ce une initiative totalement personnelle dédiée au public?

Aujourd’hui, il est assez délicat de recevoir des subventions publiques. C’est pourquoi nous faisons majoritairement appel au crowdfunding et au sponsoring privé. Actuellement, nous avons mis en place un système de prévente des passeports sur la plateforme de crowdfunding Kiss Kiss Bank Bank pour nous permettre de récolter des fonds pour l’impression du passeport.

Trois types de passeport sont disponibles : le classique pour une personne à 15€, le duo pour deux personnes à 20€ et le passeport tribu pour les familles à 25€.

Retrouvez aussi toute notre actualité sur notre page Facebook.

Consulter également :

> La plateforme de crowdfunding Kiss Kiss Bank Bank 

 

 

Vous aimerez aussi :

Partager sur
A propos de l'auteur

Luzycalor - traduire lumière et chaleur - est le blog d'une petite curieuse adepte de cinéma, musique, littérature et culture urbaine en tout genre. Vaste champ d'investigation isn't it? Parce que si culture s'étale comme confiture, les deux ont en commun un petit goût sucré dont on devient très vite addict. Bienvenue dans mon univers, ce monde vu de ma fenêtre!

2 commentaires
  • Isa - décembre 23, 2013

    Très interessante comme interview et comme façon de visiter Paris ! Je tâcherais d’y penser la prochaine fois que je serais de passage sur Paris !

  • Aurélie - décembre 23, 2013

    C’est exact, belle initiative!

Laisser un commentaire

Cinéma : Nicolas Silhol

Fil d’infos

Archives