L’archipel du Frioul

Archipel du Frioul

Silhouettes ascétiques se dessinant sur mer déchaînée. Au loin les îles surgissent comme brûlées par le soleil, rongées par l’éclaboussure des vagues brisées. Poser pied à terre et arpenter ce lieu nu et vierge balayé par le mistral dont le souffle entêtant et violent a sculpté la pierre. Sentiment de solitude infinie.

Tel un temple grec, une chapelle, vestige d’un hôpital autrefois réservé aux marins isolés, domine fièrement le port. Quelques bateaux amarrés gondolent, légèrement chahutés par l’onde marine. Sillonner ce massif de calcaire blanc façonné par l’érosion et observer que malgré des conditions climatiques délicates une vie foisonnante y a élu domicile. Végétation rase et halophile alterne avec roche nue et végétaux typiques de la garrigue méditerranéenne. Ça et là quelques pins d’Alep et Oliviers exhibent une forme dictée par le vent et les embruns.

Frioul c’est aussi une faune insoupçonnée et fragile. Puffins cendrés et Océanites tempête, tout droit venus du grand large, posent leurs bagages un instant accueillis par Merles bleus, Faucons pèlerins et autres Martinets qui ne quittent jamais le littoral.

Rester une journée et contempler. Magie d’un instant hors du temps. Se souvenir…

La solitude absolue, le spectacle de la nature, me plongèrent bientôt dans un état presque impossible à décrire. Sans parents, sans amis, pour ainsi dire seul sur la terre, n’ayant point encore aimé, j’étais accablé d’une surabondance de vie. Quelquefois je rougissais subitement, et je sentais couler dans mon coeur comme des ruisseaux d’une lave ardente ; quelquefois je poussais des cris involontaires, et la nuit était également troublée de mes songes et de mes veilles. II me manquait quelque chose pour remplir l’abîme de mon existence : je descendais dans la vallée, je m’élevais sur la montagne, appelant de toute la force de mes désirs l’idéal objet d’une flamme future ; je l’embrassais dans les vents ; je croyais l’entendre dans les gémissements du fleuve ; tout était ce fantôme imaginaire, et les astres dans les cieux, et le principe même de vie dans l’univers (Extrait de René – Chateaubriand).

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A propos de l'auteur

Luzycalor - traduire lumière et chaleur - est le blog d'une petite curieuse adepte de cinéma, musique, littérature et culture urbaine en tout genre. Vaste champ d'investigation isn't it? Parce que si culture s'étale comme confiture, les deux ont en commun un petit goût sucré dont on devient très vite addict. Bienvenue dans mon univers, ce monde vu de ma fenêtre!

1 commentaire
  • chris - août 8, 2017

    Toujours poétique et toujours l’envie d’aller voir… et toujours pas possible d’aimer le texte :-(

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