Proksima : rencontre avec trois artistes

Proksima

Écho entre sensibilités artistiques, Proksima c’est le langage musical électronique de Paola croisant les émotions humaines traduites au travers de l’expression corporelle d’Anouchka, le tout filmé par les yeux d’Elodie. Trois jeunes femmes tout en émotions mettant en résonance leur univers poétique, leur vision du monde. Cumulant les talents, leur nouvel album Mon cœur se bat ajoute au tableau l’élégance du lumineux Dominique A. Rencontre avec ce trio lausannois plus que prometteur.

L : Paola, Anouchka et Elodie, vous êtes à l’origine de Proksima, projet conjuguant musique électronique (compositions musicales) et expression corporelle (chorégraphies filmées), parlez-nous de sa génèse?

A l’origine, c’est une rencontre entre Paola Cardone et Anouchka Djurdjevac, qui a donné vie à des réalisations photographiques et des courts-métrages centrés sur la recherche en expression corporelle d’Anouchka. Au fil du temps et au fil de cette collaboration est apparue la nécessité d’explorer – parallèlement à ce travail créatif – les compositions musicales de Paola, de leur donner une existence propre; qu’elles soient cette fois l’élan qui appelle l’expression corporelle, d’où la création de Proksima. A travers l’image, Elodie Murtas, vidéaste, s’est jointe comme par évidence à l’élaboration des vidéos clips de Proksima.

L : Musique, chorégraphie et image : des univers complémentaires mais comment les avez-vous fait coïncider? En clair la collaboration a t-elle été aisée ou s’est-elle effectuée de manière disons chaotique?

Pour le projet de Proksima, c’est la musique et les émotions qu’elle inspire qui donnent vie à des vidéos-clips d’expression corporelle; de la musique naît l’expression corporelle,  qui appelle à son tour l’image, comme trace de cette union. Nous sommes trois individualités dont la sensibilité se reconnait. Il est donc assez aisé pour nous de travailler ensemble sur nos diverses réalisations communes sans que nous ayons à concéder quoi que ce soit de nous-même. Nous nous sentons libres toutes les trois dans cette collaboration artistique.

L : Anouchka, en tant que danseuse et chorégraphe, quelles sont tes sources d’inspiration? Que penses-tu de l’univers pluriel de Pietragalla tourné vers la réflexion autour de la condition humaine?

Mes inspirations pour nourrir mon expression corporelle sont tout ce qui m’est insupportable comme merveilleux. Un corps qui a été agressé, mais un corps cassé qui se reconstruit à travers la magie qu’est la nature et la possibilité qu’elle laisse au corps de se transformer sans limite. Au fond, l’expression corporelle est pour moi un exutoire qui me permet d’appréhender la vie avec plus de sérénité. Quant à Pietragalla, je trouve que c’est une danseuse exceptionnelle et je trouve merveilleux que des artistes de renoms poussent à s’interroger sur la condition humaine.

L : Paola, tu as sorti 2 albums de musique électro, « Lethé » en 2011 et « Mon coeur se bat » en 2014 qui compte une collaboration avec Dominique A, comment as-tu appréhendé l’accueil du public? A t-il d’ailleurs répondu présent?

Avec mes deux albums, mon désir était de partager mon univers musical en espérant, en toute modestie, toucher la sensibilité d’autres personnalités. Quant au retour sur les albums, il est positif et j’ai été touchée de voir que ma musique pouvait transporter les gens comme elle me transporte; bien que pour le dernier, il est un peu tôt pour avoir une vue d’ensemble.

L : As-tu pu produire tes albums facilement?

Je les ai produits seule et j’ai toujours travaillé à côté pour pouvoir avoir la liberté de composer sans aucun compromis. Ça n’est donc pas toujours facile, parfois il y a des doutes mais ils sont vite évincés par le besoin de créer et d’être emportée par la composition musicale.

L :  Parlez-nous de votre rencontre avec Dominique A, qu’a t-il apporté au projet musical et au projet dans sa globalité?

Nous avons toujours aimé Dominique A, son charisme, sa personnalité, sa force, sa fragilité; il est un être rare dans son parcours et dans sa sensibilité; c’est un rêve pour nous qu’il ait aimé notre univers musical et qu’il ait été inspiré par la composition Léthé; ça a été magique de découvrir sa voix et ses mots sur ce titre. Il a un talent fou. Il a su donner corps à une mélodie qui n’attendait que lui pour se chanter !
Sa collaboration sur le titre « Léthé » nous a rendues plus visibles que nous l’étions avant, bien sûr, et il nous offre aussi une plus grande réceptivité de la part des gens qui peut-être, n’auraient pas écouté notre album sans sa présence sur l’une des musique de celui-ci.

L : Quelles sont à toutes 3 vos sources d’inspiration musicale… et littéraire ?
Nous aimons toutes les trois des musiques allant de Philipp Glass à Nina Hagen en passant par Abel Korzeniowki et Dominique A bien entendu; Le spectre est infini dès le moment que la musique et les personnalités nous emportent et nous émeuvent. Quant à la littérature, nos affinités sont tout aussi larges avec toujours une priorité à l’authenticité et à l’émotion (Dostoïevski, Zweig, Kundera, Nancy Houston). Mais encore une fois, nos sources d’inspirations partent avant tout du quotidien, de ce qui nous entoure, nous traverse… la vie quoi!

L : Elodie, l’image arrivant en aval du projet, qu’est-ce qui a été déterminant dans ta participation à Proksima? Pourquoi ce choix?
Plutôt que de parler de choix, il serait à mon avis plus juste de faire appel à l’évidence. Quand vous rencontrez des univers qui résonnent avec vos émotions, votre regard, votre créativité, l’envie de partage est la plus forte et cette collaboration est des plus enrichissante. De plus, c’est en totale liberté que ces clips voient le jour et les dialogues qui les précèdent sont une source d’inspiration immense.

L : Que filmes-tu par ailleurs?
Mes vidéos sont centrées sur l’humain ou l’animal, sur ces rapports avec les autres, le monde, mais surtout avec son intériorité. Il s’agit toujours de tenter de faire surgir l’intime dans l’image en mouvement, de lui donner une existence palpable, une réalité sensible. Tout en sachant à quel point une vision est toujours subjective.

L : Quelques mots sur vos projets?

Actuellement Paola compose les musiques pour un 3ème album de Proksima. En parallèle, nous travaillons sur un projet de court-métrage et de photographies sur la thématique équilibre – déséquilibre .

Anouchka Djurdjevac Très tôt le corps s’est imposé comme médiateur de pensée pour Anouchka qui a recherché son mouvement personnel. C’est par l’écriture qu’elle a développé les pensées et les inspirations qui allaient se matérialiser dans des réalisations audio-visuelles. Le questionnement des rapports de force est au cœur de sa recherche artistique. Elle interroge notamment le fonctionnement social et hiérarchique de l’homme et de la femme, ainsi que le statut de l’être humain face à son environnement , qu’il soit naturel ou urbain.
Paola Cardone Sa découverte du piano fut la rencontre qui révéla son langage musical personnel, auquel elle ajouta des sons virtuels afin de toucher à son expression intime. C’est la musique qui la guide dans ses compositions, l’entraînant dans de nouveaux espaces jusqu’alors inconnus; découvrir un paysage qui se construit au gré des notes qui se répondent, un état hors du temps et de la réalité, là où l’émotion s’abstrait du verbal et se fait musicale.
Elodie Murtas Diplômée des Beaux-arts section vidéo, Elodie explore dans ses films les mouvements d’émotions qui agitent les êtres de l’intérieur puis les projette dans la réalité. Elle rejoint Paola et Anouchka déjà engagées sur le projet Noi siamo pour créer Proksima.

 En savoir plus sur Proksima : 

Album Mon cœur se bat (2014), Léthé (2011)
Single Léthé  avec Dominique A (2014)
Clip :  » Léthé «  (2014), 39.9° (2014), L’emprise (2013), Témoin (2011)

> Consulter le site Internet de Proksima
> Consulter le site de Dominique A
>
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A propos de l'auteur

Luzycalor - traduire lumière et chaleur - est le blog d'une petite curieuse adepte de cinéma, musique, littérature et culture urbaine en tout genre. Vaste champ d'investigation isn't it? Parce que si culture s'étale comme confiture, les deux ont en commun un petit goût sucré dont on devient très vite addict. Bienvenue dans mon univers, ce monde vu de ma fenêtre!

5 commentaires
  • Polina - mai 20, 2014

    C’est une très belle découverte pour ma part, je te remercie pour cet article très complet !

  • Aurélie - mai 20, 2014

    L’Emprise est magnifique. Superbe découverte.

  • Monique - mai 20, 2014

    Bravo les filles, c’est un réel plaisir, de regarder, d’écouter et d’admirer………….
    C’est prenant et magique…………

  • Liten Blomma - mai 27, 2014

    Super !

    • luzycalor - mai 28, 2014

      Très contente de te revoir par ici :)

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