Au pays des saveurs : Salt, Fat, Acid, Heat

J’avoue avoir en ce moment une appétence particulière pour les séries culinaires. Non que je sois une cuisinière hors pair en manque d’inspiration – ma compétence en la matière n’ayant pas dépassé le stade des légumes farcis et du bourguignon réussis – mais parce que manger bon, manger beau, manger vrai est tout simplement le sel de la vie. D’abord happée par A pleines dents!  où chaque épisode présente une excursion gastronomique extraordinaire ici ou ailleurs  en compagnie de Gérard Depardieu et de son chef cuisinier Laurent Audiot, je me suis rabattue sur quelques épisodes de Chef’s table qui m’ont permis de découvrir  l’originalité des parcours d’Alain Passard et sa gastronomie faite uniquement de légumes, d’Alexandre Couillon et ses plats artistiques magnifiant les produits de la mer, de Michel Troisgros et sa cuisine sans cesse renouvelée ou de Adeline Grattard et de son Yam’Tcha aux influences asiatiques métissant une cuisine parfaitement maîtrisée. Ces deniers temps c’est Samin Nosrat qui m’a envoûtée. Née de parents iraniens immigrés aux Etats-Unis, ce pétillant chef cuisinier nous apprend qu’en cuisine savoir maîtriser parfaitement le sel (Salt), le gras (Fat), l’acide (Acid) et le chaud (Heat) peut permettre de devenir un parfait magicien du goût ou, dans le cas contraire, un roi du gloubiboulga. Au cours de ses voyages à travers le monde, Samin a développé une réflexion culinaire qui relève presque de la sociologie. L’idée que la cuisine est universelle et que les quatre éléments cités en font la réussite, elle l’a d’abord développée dans un ouvrage Salt, Fat, Acid, Heat: Mastering the Elements of Good Cooking avant de l’adapter à l’écran où chaque épisode est consacré à l’un d’entre eux. Pour étayer ses propos, elle explore le monde des saveurs : de l’Italie terre de conception de l’huile d’Olive, au Japon dont la cuisine revèle les différentes facettes de l’utilisation du sel (l’assaisonnement à la sauce soja, le miso dans les soupes ou l’algue en accompagnement), en passant par le Yucatan où l’on apprend que le miel est un met acide au même titre que l’orange amère ou les tomates utilisées dans les salsas. Un régal pour les pupilles, une explosion pour les papilles.

Toutes ces séries vues sur Netflix ont en commun l’amour de la terre, de l’authentique, des voyages, des rencontres, des bonheurs partagés, le goût des autres tous les sens en éveil. Et derrière chaque recette se cache l’histoire d’un peuple, d’un pays. Notre cuisine nous accompagne et nous habite, au même titre que notre langue maternelle ou notre ADN elle fait partie de nous. Découvrir celle des autres nous enrichit. Chacune de ces émissions traduit la générosité, l’ouverture au monde et l’envie de partage de ceux que la cuisine habite. Et moi ça me fait du bien.

 

 

 

 

 

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A propos de l'auteur

Luzycalor - traduire lumière et chaleur - est le blog d'une petite curieuse adepte de cinéma, musique, littérature et culture urbaine en tout genre. Vaste champ d'investigation isn't it? Parce que si culture s'étale comme confiture, les deux ont en commun un petit goût sucré dont on devient très vite addict. Bienvenue dans mon univers, ce monde vu de ma fenêtre!

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