Parasite – Bong Joon Ho

Satire sociale d’une implacable cruauté, le film de Bong Joon Ho (qui vient d’obtenir la Palme d’Or à Cannes) aborde la collision entre une famille riche l’autre pauvre s’adonnant à une fultitude d’arnaques pour survivre au crochet de la première avec inversion du rapport de force. Vous savez la fameuse dialectique du maître et de l’esclave bien souvent portée à l’écran, comme dans l’excellent La Cérémonie de Claude Chabrol, Les Blessures assassines de Jean-Pierre Deni ou encore La vie est un long fleuve tranquille de Chatiliez même si ce dernier est comédie là où les 2 autres glacent d’effroi.

La fracture sociale-urbaine aussi. Celle que soulignait le célèbre dessinateur de Science Fiction Moebius, les réalisateurs Fritz Lang ou Ridley Scott avec l’idée d’une ville à deux vitesses où les riches d’en haut ne se mêlent pas au peuple d’en bas, contraint à survivre dans des cages à lapins insalubres sises dans des rues obscures et douteuses plantées dans des zones inondées par des pluies diluviennes.

Comédie sans clown virant à la tragédie sans méchant Parasite livre un scénario plutôt passionnant reflet d’une lecture politique mais burlesque de la société et de l’être humain. Bourrés de rebondissements inattendus, le film offre des instants incisifs pointant autant les inégalités sociales énormes générées par le dogme de la réussite capitaliste en Corée de sud que par l’aliénation du régime totalitaire supporté par la Corée du Nord. La nature humaine aussi en prend pour son grade car individualisme, égoïsme et bassesse ne sont pas affaire de classe. Le cinéma de Bong Joon Ho n’a rien de manichéen, ce qui le rend d’autant plus imprévisible… jusqu’à l’horreur finale.

Si je reconnais sans conteste l’intelligence de mise en scène de Parasite, j’avoue également que (malgré la flopée de louanges) le film n’a pas obtenu mon adhésion. Un cinéma qui ne génère aucune émotion particulière chez moi sans doute liée à la différence culturelle. Celle là même qui ne me permet pas vraiment, je le crains, de comprendre les codes et le réel message du réalisateur. Mais qu’importe au fond, beaucoup ne partage pas ma vision. Alors foncez et faîtes vous une idée!

 

 

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A propos de l'auteur

Luzycalor - traduire lumière et chaleur - est le blog d'une petite curieuse adepte de cinéma, musique, littérature et culture urbaine en tout genre. Vaste champ d'investigation isn't it? Parce que si culture s'étale comme confiture, les deux ont en commun un petit goût sucré dont on devient très vite addict. Bienvenue dans mon univers, ce monde vu de ma fenêtre!

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