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Nosfell – Le corps des songes

Artiste singulier du paysage musical, l’univers de Nosfell est, pour quiconque a croisé sa route, une expérience en soi. Un monde où l’on entre sans clé, où tout est étrange voire étranger – à commencer par la langue imaginaire de l’artiste, le Klokobetz – et pourtant un monde qui trouve son chemin jusqu’à nous et à travers nous, sans que l’on comprenne comment.

C’est la force de Nosfell : une implacable différence qui raconte l’universel. Nosfell a depuis longtemps dépassé le seul territoire de la musique pour passer toutes les frontières : danse, théâtre, mise en scène, linguistique, écriture. Il revient aujourd’hui avec son nouveau projet, une fantaisie lyrique autour du langage imaginaire légué par son père entre deux sommeils lorsqu’il était enfant.

Bienvenue dans « Le corps des songes » qui se jouera à Paris les 21,22 et 23 novembre prochains au Théâtre de la Cité Internationale dans le cadre du programme New Settings.

Lorsque j’étais enfant, mon père me réveillait régulièrement la nuit. Il voulait que je lui raconte mes rêves. Il s’en nourrissait et me contait les siens en retour. De ces épisodes, j’ai appris à retranscrire mes rêves.

Durant ces colloques nocturnes, il me parlait dans un langage incompréhensible. Plus qu’une succession d’onomatopées, les mots qui sortaient de sa bouche étaient chaque fois les mêmes, la même partition, mais ne provenaient d’aucune des sept langues qu’il parlait couramment.

Il me faisait régulièrement noter une liste de mots que j’ai gardée comme un fétiche après son départ. Cette liste est devenue la base étymologique d’une langue inventée dont la structure se calque, de mémoire, sur la prosodie léguée par mon père. Plus tard, mes études de structure de la langue et mon intérêt pour la calligraphie m’ont apporté quelques outils – rudimentaires – pour mettre en place des fondements grammaticaux, ainsi qu’une forme écrite.

Puis la vie disposa quelques bornes de chaos sur ma route, faisant de moi une personne instable. Cette langue – mon secret, ma « musique » – devient l’expression de l’indicible. Le spectacle que j’ai en tête sera un seul en scène autobiographique et musical, mettant en perspective la place de la langue maternelle dans le processus d’intégration sociale.

Je désire mettre en scène un conte cruel inspiré de mon enfance, onirique, chorégraphique et vocal.

 


En savoir plus :

> Consulter le site internet du Théâtre de la Cité Internationale
> Consulter mon interview de Nosfell intitulée : Nosfell lève le voile (date : 3 mars 2014)

 

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