L’Opéra Panique – Alejandro Jodorowsky

Vendredi soir direction le théâtre Darius Milhaud Porte de la Villette pour un nouveau voyage avec « Jodo ». Une hôtesse de l’air m’accueille et m’avertit d’emblée que je vais traverser une tempête. Cérébrale sans nul doute, sensorielle peut-être aussi un peu. Vais-je me retrouver « sans » dessus dessous ou « sang » dessus dessous? Ah non mince plutôt « sens » dessus dessous, enivrée par mon périple surréaliste. Le choc d’une première rencontre avec cet artiste singulier remonte à plus de 20 ans maintenant. Projection immédiate dans un futur lointain, un autre espace temps au fil des tribulations de John Difool, minable détective de classe R adepte d’homéoputes et de bon ouisky, toujours accompagné de sa mouette à béton et lancé à la recherche de L’Incal. Un grand moment de bande-dessinée. Tellement audacieux et prenant que quelques vents favorables plus tard me conduiront alors vers une salle de cinéma où se joue Santa Sangre. Nouveau choc, visuel cette fois. Que ce soit comme écrivain, scénariste ou cinéaste il y a indéniablement chez Jodorowsky un goût prononcé pour l’ésotérisme. Un univers fantastique où se mêlent magie et morbide, l’odeur du sang sur fond de poésie.

L’Opéra Panique, je n’en doutais pas, est barré. Tout comme le nom d’une des magistrales actrices composant le quintette qui va nous le servir sur un plateau d’argent. Affinités électives, symbioses physiques et chimiques, les comédiens semblent s’accorder et se désaccorder parfaitement exprimant tour à tour leur originalité dans un texte qui offre d’innombrables facettes d’une même humanité. Une humanité prise au piège de sa folie, de ses incohérences. Une humanité qui se cherche, s’ausculte, a conscience de ses travers et de la difficulté à les corriger. Obligée de composer avec ses petites voix intérieures qui rendent parfois légèrement schizophrène. Les méandres de ces pensées, Jodorowsky les décortique et traite nos forces et nos faiblesses avec autant de douceur que de violence.

35 personnages, une quizaine de saynètes, 5 comédiens et quelques accessoires pour voir défiler devant nos yeux une critique acerbe et humoristique de toutes les rigidités intrinsèques à l’Homme ou inscrites dans sa relation aux autres, bienvenue dans l’univers fascinant de Jodorowsky. Et surtout pas de panique, l’Opéra se joue jusqu’au 14 avril.

Mise en scène : Ida Vincent
Distribution : Tullio Cipriano, Aline Barré, Cécile Feuillet, Johann Proust, Ida Vincent
Genre : comédie – théâtre de l’absurde
Tout public dès 10 ans
Durée : 1h30
Dates, jours et horaires de programmation : Les vendredis à 21h00 du 20 janvier au 14 avril 2017 (relâche le 31 mars)

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