YSL : une étoile renaît

Yves Saint Laurent jusque là n’était pour moi que le nom d’une marque de haute couture totalement inabordable pour la « plébéienne » que je suis (bon j’abuse peut-être un peu!). En tout état de cause, jamais je n’aurais imaginé qu’un jour je me pencherais davantage sur l’homme, dans toute sa complexité et sa fragilité, qui se trouve derrière ce nom.
L’occasion m’a été donnée par Alain Chamfort, dont j’apprécie normalement assez modérément les chansons, avec la sortie de son pourtant excellent album « Une Vie Saint Laurent ».

« Une Vie Saint Laurent », c’est l’histoire du grand Yves racontée de sa naissance à Oran jusqu’à sa mort à Paris en 2008. Des premiers rêves dorés chez Dior, en passant par sa rencontre amoureuse et professionnelle avec Pierre Bergé, sa dépression lorsqu’il est appelé sous les drapeaux pendant la guerre d’Algérie, la création d’YSL Couture, ses excès de cocaïne et ses sorties nocturnes avec ses muses (Loulou de la Falaise et Betty Catroux), ses fragilités, ses doutes, et son retrait de la vie publique teinté de nostalgie : en clair c’est toute l’existence d’Yves Saint Laurent qui défile à l’écoute de ce petit bijou. Mais plus encore, au delà d’une vie, c’est également un peu du monde de la mode au siècle dernier et de ses mœurs qui s’offrent à nous. Un monde gangrené par la drogue, l’argent et le marketing.

Yves Saint Laurent apparaît comme un activiste, libérateur de la femme corsetée. Allez hop, tailleurs pour tout le monde! Et dieu sait comme ils tombent bien ces tailleurs sur ces dames (n’est-ce pas Carla?). Et vous, êtes-vous plutôt smoking or not smoking? Nous poser la question aujourd’hui paraîtrait complètement anachronique, alors qu’à l’époque ce fut une vraie révolution.

En toile de fond, l’album aborde aussi l’homosexualité du créateur et sa tristesse en fin de vie avec respect et sensibilité. Le doux timbre de voix de Chamfort, les mélodies gracieuses et les paroles d’une incroyable poésie rendent le tout d’une qualité remarquable.

Cet album, je l’ai écouté en boucle dès sa sortie puis l’ai délaissé un peu pour y revenir ces derniers temps. Aujourd’hui, je vous le conseille vivement.

Une Vie Saint Laurent :
> Album concept réalisé par Pierre-Dominique Burgaud, Alain Chamfort et Jean-Philippe Verdin qui découpe en 16 chapitres une existence entière (1936-2008) : Le site officiel

Actualités Yves Saint Laurent :
> Exposition au Petit Palais jusqu’au 29 août 2010 « Yves Saint-Laurent Rétrospectives : 40 ans de création »

 

Juste pour le plaisir : un petit rien Velvet Underground dans la mélodie, « A la droite de Dior » a été mise en clip par David Scrima et le résultat est plutôt réussi. Jugez plutôt !

 

Crédits photos :
– Photo 1 (en haut à gauche) : Jean-Loup Sieff en 1971
– Photo 2 : YSL avec Betty Catroux et Loulou de La Falaise – Droits réservés

Commentaires

  1. Avatar de Verdin

    Merci

    Grand merci pour ces mots à propos de cet album que je suis très fier d’avoir réalisé, arrangé et composé pour partie (dont l’actuel single).

    à bientôt,
    jphilippe Verdin

  2. Avatar de luzycalor

    Bonjour Jean-Philippe,
    Un grand merci à vous également pour avoir réalisé cette petite merveille d’album. J’avoue que cela faisait bien longtemps que je n’avais pas écouté en boucle et avec un tel plaisir un album dans son intégralité.
    A bientôt.

  3. Avatar de vert cerise

    Je ne sais pas si tu es allé voir l’expo au Petit Palais, mais elle est très chouette.
    Je ne connais pas l’album par contre, mais je vais essayer d’écouter ça. Le clip est sympa mais ressemble un peu trop à celui « des beaux yeux de laure » http://www.dailymotion.com/video/x3oym_alain-chamfort-les-beaux-yeux-de-la_music lui-même inspiré (et revendiqué comme tel :D) par dylan (http://www.dailymotion.com/video/x2798x_bob-dylan-subterranean-homesick-blu_creation).
    Alors c’est sympa, mais un jour, faudrait trouver autre chose tout de même 😀

  4. Avatar de luzycalor

    Non je n’ai pas vu l’expo mais je compte bien le faire. Le clip des beaux yeux de Laure est plein d’humour. Quant à dire que Chamfort s’est inspiré de Dylan et du Velvet Underground : c’est plutôt de bons choix n’est-ce pas?

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